ÉDITO DE RENTRÉE

L’année scolaire qui vient de s’écouler aura été marquée par de nombreuses réformes, symbole de la gouvernance Macron– Philippe dont l’objectif est bien de faire subir un cure d’austérité sans précédent aux français. Alors que les plus riches bénéficient de nombreux cadeaux fiscaux, c’est la France « d’en bas » qui trinque, étudiants, retraités, salariés, fonctionnaires, chômeurs.
Cette pose estivale fut également l’occasion de découvrir de nouvelles facettes du « macronisme » à travers plusieurs affaires mettant en cause le gouvernement (Benalla, Nyssen, Kohler, Buzyn…). La démission de Nicolas Hulot, las sans doute d’avaler des couleuvres et de servir de potiche, est le dernier acte de la série qui n’est sans doute pas terminée.
Heureusement, notre monarque républicain aura pu compter sur les exploits de l’équipe de France de Football. En temps qu’enseignants d’EPS, chacun aura sa propre analyse critique sur cette victoire. Quoique l’on en pense, nous étions en droit de penser que cet évènement ainsi que de nombreux autres (dont les jeux européens), à l’approche des JO 2024, soient des catalyseurs du mouvement sportif. Les propos de la dorénavant ex-ministre des sports Laura Flessel, porte voix du gouvernement, sonnent le glas de nos espérances lorsqu’elle annonce « ce n’est pas à l’état de financer durablement les clubs sportifs » laissant présager un désengagement progressif de l’état. Cette annonce coïncide avec la suppression de plus de 120000 contrats aidés dont bénéficiaient de nombreux clubs et la baisse drastique du budget du CNDS (dont la suppression est annoncée au 1er janvier 2019) qui sera  accentuée par la privatisation de la Française des Jeux. Cette société étant le premier contributeur financier, il est plus que probable que les futurs actionnaires préféreront encaisser des dividendes plutôt que de financer le sport pour tous…
Le sport scolaire à la Réunion, bénéficiant de subventions du CNDS sera forcément impacté. De même, les collectivités territoriales sous pression budgétaire  pourraient également être tentées par une baisse des subventions aux AS.

On voit bien, derrière un discours policé et des effets d’annonces (promotion du sport, JO 2024, sport santé, handicap…), le modèle qui se profile : financement par le privé, sponsoring, mécénat…et par les usagers via les augmentations des coût des licences. L’augmentation de 10% des contrats UNSS votés contre l’avis du SNEP FSU et des élus des AS lors du dernier Conseil National du Sport Scolaire n’est pas le fait du hasard. Elle vise a augmenter la part des AS et des familles dans le budget de l’UNSS. La pétition des élus des AS ( lien vers la pétition) , si elle n’a pas réussi à faire plier la direction nationale, aura cependant permis de démontrer nos désaccords en attendant la mise en place d’autres actions à la rentrée.

Bien d’autres combats sont à venir. Les exemples pris à travers le modèle sportif et du sport scolaire, largement inspirés des politiques néolibérales, peuvent être déclinés dans tous les domaines, notamment dans l’Éducation Nationale. Les réformes des lycées et de l’enseignement professionnel dont les effets se feront sentir à la rentrée 2019 (-12000 postes cumulés prévus) commence à se mettre en place. Dans les lycées, certaines équipes planchent actuellement sur la « colorisation» futures de leur établissement en fonction des enseignements de spécialités et optionnels choisis. Ceci s’accompagnera forcément par une mise en concurrence entre les disciplines et les personnels. Et le pire reste semble-t-il à venir avec l’annonce du ministre Blanquer souhaitant une évaluation publique des établissements qui, la encore, aboutira forcément à une mise en concurrence de ces derniers. 

Dans ce contexte politique inquiétant, cette année sera marquée par les élections professionnelles en novembre et décembre. Nous aurons, plus que jamais besoin d’agir collectivement grâce à une FSU et un SNEP FSU renforcé grâce à vos adhésions et vos votes qui fixeront notre représentativité nationale et académique pour 4 ans. En attendant de se retrouver lors de l’Assemblée Générale du SNEP Réunion le mardi 2 octobre et lors des stages syndicaux animés par Jean Fayemendy, moment incontournable pour la profession, nous souhaitons la bienvenue aux collègues arrivant dans notre académie et une bonne année scolaire à toutes et tous.

Benoit Caquelard

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