COURROUX EN GUYANE

Tribune libre de Catherine Duriez
     
Comment ne pas se sentir concerné par la situation guyanaise?

Pas moins de 37 syndicats réunis au sein de l’Union des Travailleurs Guyanais ont lancé un mouvement de revendication de grande ampleur. Et voilà toute la région complètement paralysée au point que même Ariane, la fusée européenne, ne peut plus décoller. Cette grève s’accompagne bien évidemment de revendications aussi larges que légitimes puisqu’elle cherche à interpeller les autorités sur les problèmes d’insécurité, d’insuffisance d’offre de soins, de retards structurels en matière de santé ou d’infrastructures diverses et variées.

Les Guyanais descendent dans la rue pour  se plaindre  parce que  les services de base, auxquels ils ont droit ne sont pas rendus : Sécurité, Santé, Ecole ,Transports….les services publics sont anémiés..L’inégalité avec la métropole est frappante. La misère sociale engendrée par le niveau élevé de chômage, un taux de pauvreté très élevé(45%) et un taux record de décrochage scolaire ne peuvent qu’engendrer de l’insécurité et le chacun pour soi. Cette réaction collective est une lutte pour la dignité, pour le droit à sa part de soleil.

Kourou, centre de la contestation, est fortement symbolique du désengagement de l’Etat, avec son projet de vente de l’hôpital à un groupe privé. Le taux de mortalité infantile est 4 fois supérieur à celui de la métropole, 1/4 des guyanais n’ont pas accès non plus à l’électricité.

Cette situation met en exergue l’importance des services publics au moment même où de nombreux candidats à la fonction suprême osent annoncer l’équivalent de plans sociaux massifs en proposant la suppression de 100 000, 200 000 , 500 000…fonctionnaires. Qui dit mieux à cette surenchère honteuse?

Alors oui, Ericka Bareigts peut présenter des excuses aux Guyanais pour l’abandon de ce territoire par les gouvernements successifs. Alors oui, la Guyane mérite un plan d‘investissement de grande ampleur.

Mais la situation de la Guyane nous renvoie à la situation de la Réunion, de Mayotte, des outremers et certaines banlieues métropolitaines .Seuls le renforcement des services publics, la priorité à la santé et à l’éducation , le droit à l’emploi sont de nature à faire sortir les Français de l’engrenage de la violence, à reconstruire des solidarités et  du bien vivre ensemble.

Comment un pays comme le nôtre (5° puissance mondiale) peut-il produire tant de pauvreté et d’inégalités? Il serait peut être temps de reposer la question de la répartition des richesses.

Alors, oui La Guyane est en souffrance ….mais l’’ensemble des territoires ultramarins ne serait il pas en sous-France?

Catherine Duriez, secrétaire académique du SNEP FSU Réunion