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DECLARATION LIMINAIRE FSU CSA DU 01/04/26

          

Déclaration liminaire FSU CSA du 01/04/26

La FSU tient à exprimer sa consternation quant au nombre de suppressions de postes d’enseignants prévu par le ministère pour la rentrée prochaine. À l’échelle de La Réunion, les décisions qui seront prises aujourd’hui et entérinées lors du CEN s’inscrivent, une nouvelle fois, dans un contexte de contraintes budgétaires qui continuent de peser fortement sur les écoles et les personnels.

C’est un fait, le nombre d’élèves diminue à l’échelle nationale. Toutefois, la situation de La Réunion présente des spécificités fortes et des besoins éducatifs particulièrement marqués. Pour la FSU, cette baisse démographique doit être une opportunité : elle doit permettre d’alléger le nombre d’élèves par classe et d’améliorer réellement les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Or, les choix opérés aujourd’hui vont à l’encontre de cet objectif. Le solde de 31 fermetures de classes dans le premier degré en est une illustration concrète.

Dans ces conditions, comment accepter que 37 écoles présentent encore un nombre d’élèves par enseignant supérieur à 24, dont 27 au-delà de 25 élèves, et qu’une école atteigne même 26,8 élèves par enseignant (EM de Beauséjour) ? La FSU refuse les cibles à 26 et 28 dans notre académie. Nous continuons de demander que toute l’académie soit classée en Education Prioritaire.

Alors que les indicateurs sont préoccupants, que le système éducatif est en tension, que la santé mentale des jeunes se dégrade et que de plus en plus d’enseignants sont en souffrance, le ministère fait encore le choix de réduire les moyens alloués à l’Éducation nationale.

Aujourd’hui, enseigner ne se résume plus à gérer des classes comme il y a quelques années. Nous accueillons un nombre croissant d’élèves en situation de handicap, reconnus par la MDPH, mais aussi d’élèves à besoins éducatifs particuliers nécessitant des aménagements pédagogiques, de la différenciation, de l’individualisation et des temps de concertation avec les différents partenaires. Cela entraîne une augmentation continue de la charge de travail des enseignants.

Dans nos classes, nous accompagnons également des élèves confrontés à des réalités sociales difficiles : violences intrafamiliales, surexposition aux écrans, grandes difficultés à entrer dans les apprentissages et à construire les compétences sociales attendues. Ces situations sont éprouvantes pour les personnels, qui peinent de plus en plus à concilier vie professionnelle et vie personnelle, et qui subissent une perte de sens de leur métier, accentuée parfois par des situations de violence.

Les dispositifs mis en place, tels que les PIAL ou les PAS, restent très insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins et n’apportent que trop rarement des solutions concrètes et durables.

L’an dernier, nous avons célébré les 20 ans de la loi de 2005 sur le handicap, qui garantit à chaque enfant le droit d’être scolarisé dans une école ordinaire proche de son domicile. Force est de constater que cette ambition reste encore largement inaboutie faute de moyens suffisants. Si la création du métier d’AESH constitue une avancée, celui-ci demeure précaire et insuffisamment reconnu et rémunéré.

Dans le premier degré à La Réunion, de nombreux élèves restent scolarisés en classe ordinaire faute de places en structures spécialisées, alors même qu’ils sont en grande souffrance. Cette situation met en difficulté les personnels comme les autres élèves, comme en témoignent les nombreuses fiches RSST renseignées par nos collègues.

Dans ce contexte, la FSU rappelle que l’École ne peut pas être la variable d’ajustement des politiques budgétaires. Nous demandons des moyens à la hauteur des besoins réels du territoire : améliorer l’inclusion par des créations de postes en ULIS et en RASED, garantir un remplacement efficace pour assurer la continuité du service public et permettre l’accès à la formation, notamment en éducation prioritaire, éviter toute mise en sous-effectif liée aux départs en retraite, respecter les droits des personnels en matière de temps partiel et de disponibilité….

Persister dans cette logique de réduction des moyens, c’est faire le choix d’une école qui renonce à ses ambitions, qui dégrade les conditions d’apprentissage des élèves et qui fragilise toujours davantage ses personnels. La FSU refuse cette fatalité. À La Réunion, plus qu’ailleurs, l’École doit être un levier d’égalité et de réussite pour tous. Cela suppose des choix politiques clairs et courageux. Aujourd’hui, ils ne sont pas au rendez-vous. Demain, ce sont les élèves et les personnels qui en paieront le prix.

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