EDITO

Clap de fin pour cette année scolaire extraordinaire qui se termine avec un remaniement ministériel pour le moins inquiétant. Toujours plus à droite, toujours plus libéral et avec en prime un choix de ministre complètement délirant pour la Culture et la Justice. Malheureusement pour l’Education Nationale, la reconduction de Blanquer, récupérant au passage le ministère des sports, n’augure rien de bon et ne fait que traduire le mépris de Macron pour le corps enseignant. Un « redoublement » dont nous nous serions bien passés…

Cette année scolaire s’achève donc dans un contexte exceptionnel qui n’a d’égal que les 5 mois que nous venons de passer. Entre un confinement total et une école ouverte dans des conditions très discutables avec des protocoles « kleenex » changeant toutes les semaines, cette expérience inédite aura mis les enseignants face à des défis auxquels nuls n’étaient préparés. Plus particulièrement en EPS, l’idée d’une « continuité pédagogique » en distanciel nous aurait fait sourire il y a peu. Effectivement, de la continuité pédagogique, il n’y en aura pas eu car nous ne tenons pas à utiliser la langue de bois ministériel distillée. Les enseignants d’EPS auront pourtant déployé des trésors d’imagination pour proposer des contenus afin de maintenir un lien avec leurs élèves. En résumé nous avons bricolé avec les moyens (personnels) du bord. Mais, qu’aurions-nous pu faire d’autre ?

Nous aurions été légitimement en droit d’attendre un soutien de la part de notre Ministre Blanquer. Alors, certes, celui-ci s’est employé à saluer dans un premier temps les efforts et l’esprit d’innovation dont a su faire preuve la profession pendant la période de confinement. Puis le 10 juin, sur une radio nationale il assène « comme dans chaque métier, vous avez une majorité de la corporation qui est remarquable, mais il y a bien sur des personnes qui n’ont pas été à la hauteur » ajoutant que les professeurs « décrocheurs » seront sanctionnables. Une manière de surfer sur le « prof bashing » qui s’est déclenchée à la suite de reportages complètement orientés par de fausses statistiques. Ce revirement n’est absolument pas anodin ni nouveau de la part de Blanquer. Une opinion trop favorablement ouverte à la cause enseignante pourrait rendre plus difficile à imposer le projet néo-libéral de « l’école de demain”. Comment est-il possible que le ministre ait laissé courir sans réaction cette rumeur de 40 % prétendus de profs décrocheurs alors qu’il avait parfaitement connaissance des chiffres de la DEPP (statistiques du ministère) ? Pourquoi n’a-t-il pas réagi au vocabulaire infamant utilisé, notamment celui de professeurs « décrocheurs » ?

Dans ce temps de crise sanitaire, non content de ne pas soutenir les enseignants, Blanquer en profite pour continuer à mettre en œuvre sa politique de destruction de l’École Publique en choisissant de mettre en place le dispositif «2S2C» dont les termes choisis, Sport, Santé, Culture et Civisme ne peuvent au premier abord que séduire et susciter l’adhésion mais dont l’installation dans l’école va immanquablement mettre en concurrence les disciplines scolaires concernées par les interventions extérieures encouragées par ce dispositif.

Comment se peut-il, qu’au sortir d’une période si difficile, le ministère de l’EN, sans aucune concertation fasse appel à des intervenants sportifs extérieurs pour assurer la reprise de l’activité sportive dans les établissements scolaires en ignorant purement et simplement les professeurs d’EPS qui en ont institutionnellement la responsabilité et la mission ?

Nous aurions pu comprendre l’intérêt de soutenir le mouvement sportif durement touché par la période de confinement avec un dispositif transitoire. Mais très vite la communication ministérielle, en l’annonçant comme la réponse structurelle de l’école de demain, est venue confirmer nos craintes et lever le voile sur les intentions politiques…

Le SNEP FSU a très vite compris le danger en proposant une campagne d’information et plusieurs outils qu’il nous faudra sans doute réactiver dès la rentrée car le danger d’une externalisation de l’EPS n’a jamais été aussi présent.

Avant une rentrée qui s’annonce offensive pour le SNEP et la profession, nous vous souhaitons de bonnes vacances

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